09.02.2010 | 08:32
Autres Articles
Terry Gilliam: un monde à part
24.05.2009 16h35

Sélectionné hors compétition, parce que Gilliam le vaut bien et qu’il n’aime pas perdre, «L’imaginarium du Docteur Parnassus» est une vraie réussite malgré un destin peu certain suite au décès, en plein milieu du tournage, de son acteur principal Heath Ledger.

L’astuce de compléter son rôle par trois acteurs au tempérament similaire et au physique assez conforme contribue à sa réussite et sauve le travail de Terry Gilliam dans son univers imaginaire. Et c’est bien pour cela aussi que cela ne nous surprend pas de voir Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell, à tour de rôle, prendre le relais une fois le miroir aux rêves les plus fous franchis. Delirium garanti dans un décor numérique aux couleurs et paysages inventés où l’on retrouve par exemple les gondoles naviguant sur une eau noire aux pieds des pyramides. Seul bémol, l’absence en conférence de presse et sur les Marches du trio qui aurait pu accompagner le réalisateur jusqu’au bout de son délire.

En cette dernière journée avant le palmarès, les premiers prix tombent. Le jury FIPRESCI (Fédération Internationale de la Presse Cinématographique) a décerné les prix de la Critique Internationale à : dans la compétition, pour « Das Weisse Band » de Michael Haneke ; dans la sélection Un Certain Regard, pour « Politist, Adjectiv » de Corneliu Porumboiu et dans les sections parallèles, « Amreeka » de Cherien Dabis, présenté dans la Quinzaine des Réalisateurs. Du côté du Jury œcuménique, à l’occasion de son 35ème anniversaire, le prix a été attribué à « Looking for Eric » de Ken Loach et une mention spéciale a été accordée à « Das Weisse Band » de Michael Haneke. Deux prix pour Michael Haneke qui sont le reflet d’une bonne augure pour ce réalisateur autrichien habitué de la Croisette.

Les pronostics vont bon train au sein des journalistes qui n’ont pas encore plié bagages et certains rejoignent ceux attribués par les deux jurys précédents, Haneke et Loach ayant leurs partisans ; s’ensuivent Audiard, Tarantino, Suleiman et même Noé ou Von Trier. C’est donc avec une impatience non dissimulée que l’on attend le verdict final de Madame la Présidente Isabelle Huppert ce soir lors de la cérémonie de clôture. Pour ma part, j’ai une petite préférence pour Lars Von Trier, Haneke et Quentin Tarantino. Du côté prix d’interprétation, mes préférences vont à Charlotte Gainsbourg pour « Antichrist » de Lars Von Trier et Christoph Waltz pour « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino. Mais on sait que l’avis de la presse est souvent bien loin du compte quand on prend connaissance du palmarès officiel.

Brigitte Lepage