Nice est proche de Cinecitta. Dès 1961, Lulu rejoint Rome et commet trois péplums. Gainsbarre déjà perce sous Gainsbourg. Munzio Malasomma, un sous-sous-Sergio Leone, mêle Lulu à «La Révolte des esclaves». Il y côtoie Rhonda Fleming, en fin de carrière après avoir irradié plein de westerns bonnards. Le dodu Dario Moreno y revêt une douteuse toge et Lulu exhibe des cuisses étiques.
En 1962, Serge Gainsbourg double la mise avec Gianfranco Parolini, méconnu réalisateur de péplums: «Hercule se déchaîne» et «Samson contre Hercule». Ce sont ses plus beaux rôles dans lesquels il excelle dans la fourberie, le cynisme et l’humour visqueux. Son seul œil torve a raison des biceps prétentieux de Brad Harris, l’ancêtre de Schwarzie.
Dans «La Révolte des esclaves», Lulu atteint des sommets quand, en Romain bling-bling, il savoure le spectacle des chrétiens malmenés dans les arènes. Jusqu’en 1966, il aligne de gros nanars dans lesquels il croise OSS117, Jean Seberg, Yul Brynner et Curd Jürgens.
«L’inconnue de Hong-Kong» (1963) est un bijou de toc mais Dalida y est son impressionnante partenaire. Ce n’est pas le cas de «Strip-tease» du même Jacques Poitrenaud où Lulu doit se contenter de la future madame Michel Drucker (Dany Saval) et du lunaire Darry Cowl.
Tout change en 1967, l’année d’«Anna», l’immortel téléfilm de Pierre Koralnik, Lulu fait tout, la musique, les paroles et plein de miracles avec Anna Karina, Jean-Claude Brialy et Marianne Faithful. On y est enfin, sous le soleil exactement! La filmo de Lulu change de braquet. Jane Birkin apparaît. Alleluia!
Fernand-Joseph Meyer
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